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quinta-feira, 2 de fevereiro de 2017

PRÉSENTATION DE L'ENFANT JÉSUS AU TEMPLE Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 2 février 2017)

 Mal 3,1-4 Lc 2,22-32 Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils, UEL est le véritable événement que la liturgie commémore Qen ce jour ? Jésus est porté au Temple par ses parents afin d’être racheté à Dieu. Le premier-né de toute famille, et même du bétail, était en effet la propriété de Yahvé. Les quarante jours de la purification de Marie sont également écoulés. Pourtant ni l’enfant, le Fils de Dieu, n’avait besoin d’être racheté, lui qui venait pour nous racheter ; ni sa Mère, la très sainte et très pure Vierge Marie, n’avait besoin d’être purifiée. L’humble soumission à des lois, qui ne les concernaient pas, serait déjà une raison suffisante pour justifier que l’Église se souvienne des traits particuliers de ces événements demeurés inaperçus aux officiants du Temple. Dieu n’a cependant pas voulu que la première venue du Seigneur à Jérusalem soit ignorée de tous. La rencontre de la sainte Famille avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne donne une note chaleureuse, humaine, à la fête de ce jour, qui tranche avec le passage inaperçu du Seigneur en son Temple. Qui était Siméon ? Selon saint Luc, un homme juste, pieux et qui attendait la consolation d’Israël. L’Esprit-Saint reposait sur lui et lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant qu’il n’eût vu le Christ du Seigneur. Dans la lumière de cet Esprit, il prit en ce jour le chemin du Temple. L’antienne du Magnificat des premières vêpres chantait : « Le vieillard portait l’Enfant, mais c’était l’Enfant qui conduisait le vieillard. » De fait, qui avait élu sa demeure en Siméon? Qui l’a conduit au Temple ? Quiconque accueille Dieu et sa parole est porté par lui. Alors, jaillit de la bouche du saint vieillard un cantique d’action de grâces : Mes yeux ont vu ton Salut que tu as préparé à la face de tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations et Gloire de ton peuple Israël. Dieu et tout ce qui vient de lui est lumière et illumine. Alors que nous fêtons cette année le centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima, rappelons la description que Lucie, la voyante, faisait de la Dame : « toute lumière », « ondulations de lumière » « en lumière de chair. » (C. Barthas, Fatima 1917-1968, p.67) Le 13 mai 1917, à la fin de la première apparition, Lucie rapporte que Notre-Dame écarta les mains qu’elle tenait jusquelà jointes, à la manière du prêtre lorsqu’il dit Dominus vobiscum. Ce simple geste fit jaillir dans la direction des voyants un faisceau de lumière mystérieuse, à la fois très intense et très intime, qui les « pénétrant jusqu’au plus profond de l’âme, les fit se voir eux-mêmes en Dieu, qui était lui- même cette lumière, plus clairement que s’ils s’étaient vus dans le plus pur des miroirs. » (ib, p.60) Siméon a vécu dans cette même lumière et a rencontré la Lumière. Aujourd’hui, le relativisme et le subjectivisme refusent ce secours, ce don divin, cette splendeur de la vérité qui vient d’en haut. Au mieux, les critères de moralité se bornent au vague sentiment « d’être en paix avec Dieu ». C’est-à-dire à ne pas lui vouloir de mal : je suis en paix avec Dieu si je ne veux pas de mal à Dieu, si je ne veux pas lui faire de mal. Le chrétien, qui attend la consolation de Dieu et veut marcher à la lumière de son Esprit, désire plus : il désire une communion. Cette communion se construit par l’accueil de la lumière. Dans la lumière reçue de Dieu, la vie s’éclaire comme celle de Siméon ou des voyants de Fatima. Certaines zones resplendissent, d’autres au contraire demeurent sombres. En considérant l’évolution du monde depuis plusieurs siècles, il est frappant de constater comme une implosion, un effondrement spirituel de l’humanité. À l’origine, l’homme se concevait comme un humble bénéficiaire, contemplatif d’un univers, d’un Dieu éblouissant qui le dépassait. « Ce qui est, est ce qui est ». Avec Descartes, un premier cataclysme s’opère : « Je pense, donc je suis ». L’existence se résume à ce qui existe pour moi… à ce que je peux penser. Mais Dieu ne dépasserait-il pas ma pensée ? Les Descartes d’aujourd’hui ont fait un pas supplémentaire vers une nuit plus profonde : « Je sens, donc je suis. » Les animaux, s’ils pensaient, ne pourraient-ils en dire autant ? Dieu, qui n’est pas sensible et qui dépasse toutes les pensées des hommes, devient le grand étranger, l’ignoré. Refusant la lumière gratuitement offerte, l’homme goûtera désormais aux ténèbres sans fond de la solitude. La fête de ce jour est une invitation à nous mettre à l’école de Siméon, un homme juste, pieux, et qui attendait la consolation d’Israël. La consolation de Dieu vient nous toucher à travers les saintes Écritures, en particulier l’Évangile, le catéchisme, les enseignements de l’Église. Dans le silence de la prière, dans la chaleur de la communion, le cœur s’ouvre aussi à la Parole, tandis que l’esprit revit dans la lumière du Saint-Esprit. Qu’il repose à jamais sur nous. Amen.