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segunda-feira, 12 de março de 2012

Saint Grégoire le Grand

Saint Grégoire le Grand
docteur de l'église catholique
537 - 604

Les Dialogues_(pdf, 8 Mo)

40 Homélies sur les Evangiles (618 pages) - téléchargement

Quand le pape Grégoire Ier ( Grégoire le Grand ) commence, en novembre 590, ses Homélies au peuple de Rome, ce n’est pas la première fois qu’un pontife romain prononce pour les fidèles de la Ville des allocutions qui passeront à la postérité.
Déjà, un siècle et demi plus tôt, le pape Léon Ier avait donné à sa cité et au monde chrétien ses admirables Sermons. Mais l’écart des dates est significatif : les pasteurs de l’Eglise de Rome qui laissent une œuvre homilétique sont plutôt rares.
Exceptionnelle, cette réussite l’est plus encore si l’on considère la personnalité du prédicateur. Ce n’est pas, en effet, un pape quelconque qui prend la parole en 590, mais un pape qui a vécu la vie monastique et lui reste profondément attaché. Qu’un moine devienne évêque, on l’a vu souvent depuis deux siècles au moins : il suffit de nommer Basile de Césarée en Orient et Martin en Occident pour évoquer ce type du moine devenu pasteur.
Du monastère de Lérins, en particulier, sont sortis maints évêques fameux d’Arles et d’ailleurs. Mais un moine pape, voilà quelque chose d’inédit, semble-t-il. Avec Grégoire le grand, le monachisme prend place sur le siège de Pierre. L’événement fut assez percutant pour être suivi d’une réaction antimonastique du clergé romain sous les successeurs de Grégoire le Grand.
Ce moine devenu pape avait de plus, pour accroître son prestige, une ascendance illustre et un passé brillant. Comme Saint Grégoire le Grand le raconte lui-même dans une des dernières Homélies, un de ses ancêtres — juste un siècle avant lui — avait été évêque de Rome. Plus près de 590, trois sœurs de son père s’étaient consacrées à Dieu. Si l’une d’elles, la malheureuse Gordiana, avait manqué à ses promesses et s’était mariée, les deux autres, Tarsilla et Æmiliana, étaient mortes saintement à quelques jours d’intervalle, l’une avant Noël, l’autre avant l’Epiphanie.
Appartenant à la noblesse romaine, cette famille était fort aisée. Saint Grégoire le Grand avait à peine passé la trentaine quand il devint, en 572, préfet de la Ville. Mais peu après avoir exercé cette charge annuelle, Saint Grégoire le Grand changea d’orientation et se fit moine.
Son père, Gordien, étant mort à ce moment, Saint Grégoire le Grand liquida son patrimoine, en faisant de sa demeure familiale du Mont-Cælius un monastère et en fondant sur ses terres de Sicile six autres communautés monastiques.
Si édifiante que fût cette conversion radicale d’un homme fort en vue et plein de promesses, elle n’alla pas sans des circonstances qui laissèrent au converti de vifs remords.
Dans la dédicace de ses Morales sur Job, qu’il offrira à Léandre de Séville, Saint Grégoire le Grand se reprochera d’avoir trop attendu pour faire le pas et suivre une vocation qu’il entendait intérieurement depuis longtemps. Et comme pour le punir d’avoir tant tardé, la Providence ne le laissa au monastère que durant peu d’années. Il était devenu moine vers 575. En 579, le pape Pélage II l’ordonna diacre et envoya Saint Grégoire le Grand comme apocrisiaire (nonce) à Constantinople.
Cette représentation diplomatique à la cour impériale n’empêcha pas Saint Grégoire le Grand de rester moine. Faisant venir auprès de lui à Constantinople un bon nombre de ses frères du Cælius, Saint Grégoire le Grand reprit en leur compagnie une existence quasi conventuelle. De plus, Saint Grégoire le Grand entreprit de leur commenter le Livre de Job, et c’est ainsi que commença l’énorme ouvrage que sont les trente-cinq Livres des Morales.
Le fait est important pour nous, car on voit poindre là le talent d’exégète et d’écrivain qui se déploiera dans nos Homélies sur les Evangiles.
Rentré à Rome en 585, Saint Grégoire le Grand reprend au Cælius une vie pleinement régulière, tout en restant un des conseillers principaux du pape Pélage II. Quand celui-ci sera emporté, le 7 février 590, par la peste qui dévaste Rome, c’est ce moine diacre qu’on choisira pour lui succéder. Après une vive résistance, Saint Grégoire le Grand finira par être sacré le 3 septembre de la même année.
Commençant bientôt ses prédications — les premières Homélies datent de novembre 590 — Saint Grégoire le Grand allait les poursuivre pendant près de deux ans, jusqu’à l’arrivée des féroces Lombards d’Ariulf aux portes de la Ville, en juillet 592.
Nos quarante Homélies se situent de la sorte entre deux catastrophes : la terrible peste qui décima le peuple de Rome en 590, et l’invasion lombarde qui ravagea les environs de Rome en 592, non sans menacer d’emporter la Ville elle-même.
Comme Saint Grégoire le Grand l’indique lui-même dans sa Préface, complétée par le préambule des Homélies 21 et 22, les vingt premières Homélies ne furent pas dites par lui à l’église, mais rédigées par écrit et lues au peuple par un notaire en sa présence. La mauvaise santé du nouveau pape ne lui permettait pas, pensait-il, d’improviser devant l’assemblée.
Cependant Saint Grégoire le Grand remarqua que certains écoutaient mal, et Saint Grégoire le Grand décida d’affronter l’épreuve du discours direct. Pour cela, il fallait renoncer à se faire entendre de toute l’assemblée, car la faible voix de l’orateur ne dépassait pas les environs de la chaire. Les vingt dernières Homélies furent donc prononcées par le pontife lui-même et enregistrées sur place par des tachygraphes (sténographes), avant d’être mises au net et rendues lisibles.
La Préface de Saint Grégoire le Grand , adressée en 593 à l’évêque sicilien de Taormina, Secundinus, présente ce qu’on peut nommer l’édition officielle du texte, par opposition aux versions non autorisées qui circulaient déjà. Très sensible au sort de sa production littéraire — Saint Grégoire le Grand le fut toute sa vie — Saint Grégoire le Grand souffrait de ces exemplaires frelatés, où s’introduisaient même des erreurs. Saint Grégoire le Grand eut donc soin d’établir un texte authentique, qui est celui que nous lisons, à peu de chose près.
Le lieu où chaque Homélie a été prononcée, qu’il s’agisse d’une église de la Ville ou des environs, est indiqué dans la suscription qui se lit en tête.

En même temps qu’il rédigeait ses premières Homélies, Saint Grégoire le Grand écrivait pour l’évêque Jean de Ravenne sa Règle Pastorale, où il faisait d’abord sa propre apologie pour la résistance qu’il avait opposée à son élection épiscopale, puis traçait le programme d’action pastorale que Saint Grégoire le Grand entendait suivre.
Mais cette œuvre contemporaine des Homélies est moins étroitement liée avec elles que ne l’est un ouvrage un peu postérieur : les Dialogues.
Ecrits en 593-594, ceux-ci reproduisent plus ou moins littéralement, dans leur quatrième et dernier Livre, la plupart des histoires que le pape Saint Grégoire le Grand avait contées dans les Homélies.

http://jesusmarie.free.fr/gregoire_le_grand.html