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sábado, 20 de julho de 2013

De la Sainte Eucharistie

De la Sainte Eucharistie

publié dans paroisse saint michel le 20 juillet 2013



10ème Dimanche après la Pentecôte
De la Sainte Eucharistie
Lors de ma « petite » retraite chez les religieuses « Victimes du Sacré Cœur de Jésus » à Marseille, j’en ai profité pour relire les lettres que Jean Paul II avait adressées aux prêtres de l’Eglise catholique à l’occasion du Jeudi Saint. C’est en ce jour que NSJC a institué le Sacrement de la sainte Eucharistie, entouré de ses apôtres au Cénacle, lorsqu’Il dit : « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang ». Et c’est aussi en ce même jour qu’il institua le sacerdoce ministériel lorsqu’il dit à ses disciples: « Faites ceci en mémoire de moi », ordonnant ainsi prêtres ses disciples essentiellement pour l’Eucharistie.
Pendant tout son long pontificat, Jean Paul II adressa chaque Jeudi Saint une lettre aux prêtres que nous attendions avec joie. Dans chacune de ses lettres, le pape y exprimait son affection pour les prêtres de l’Eglise et les encourageait à la sainteté de leur état. Il n’est pas inintéressant de les relire. C’est ce que j’ai fait la semaine dernière, vous dis-je. Plusieurs ont attirées mon attention. Je me propose d’y revenir dans les mois qui viennent. Mais je voudrais porter à votre connaissance quelques unes des réflexions du pape exprimées dans sa lettre de 1980 sur la Sainte Eucharistie et la vertu théologale de la Charité ainsi que sur le sens du Sacré. Deux réflexions qui pourraient aussi vous intéresser comme elles m’ont intéressé et fait vibrer.
De même que le prêtre doit se sanctifier pour la sanctification de son troupeau, de même il doit se cultiver pour enrichir ses ouailles …
Cette lettre du pape Jean-Paul II s’appelle « Dominicae Cenae », « de la Cène du Seigneur ». Elle est très longue. Mais je ne retiendrai que ce qu’il dit sur d’une part « l’Eucharistie et la Charité » et sur « le caractère sacré de l’Eucharistie » d’autre part. Je laisserai le reste éventuellement pour une présentation future aux séminaristes.
Et tout d’abord le culte eucharistique et la charité.
Le pape a cette phrase qui dit tout sur ce sujet : « le culte eucharistique constitue l’âme de toute la vie chrétienne. Si, en effet, la vie chrétienne s’exprime dans l’accomplissement du plus grand commandement, c’est-à-dire dans l’amour de Dieu et du prochain, cet amour trouve sa source précisément dans le saint sacrement, qui est appelé communément sacrement de l’amour ».
 
L’Eucharistie en effet signifie cette charité, elle est cette charité. Saint Jean prend bien soin de noter dans son Evangile que l’Eucharistie fut instituée par NSJC en son triduum pascal. Or précisément il ouvre ce triduum par cette phrase formidable : « Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin », les aima totalement, jusqu’au bout. Par cette phrase, saint Jean nous laisse comprendre que tous les faits et gestes accomplis par NSJC dans ce triduum, ont pour raison la charité, la charité du Seigneur. Tous. Le lavement des pieds des disciples par NSJC, ce service est un acte de charité, l’institution du sacerdoce, Gethsémani, sa passion« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ». Tout cela trouve sa raison dans la charité du Seigneur, manifestent la charité du Seigneur. Il en est de même de l’Eucharistie. Elle est l’œuvre de sa Charité. Comme le dit le Pape : « L’Eucharistie signifie cette charité, et donc elle la rappelle, elle la rend présente et en même temps elle la réalise ». Dès lors dès qu’on y participe « s’ouvre dans notre âme » cet amour insondable de notre Dieu. Mais Oui L’Eucharistie est le signe indélébile du sacrifice salvifique du Christ ; elle en est le « sacrement ». Il précède de quelques heures seulement ce sacrifice propitiatoire du Seigneur offert sur la Croix, ici, avec effusion de sang, là sous mode sacramentel, sans effusion de Sang. Mais c’est la même Victime. C’est le même Prêtre qui s’offre à Dieu en rémission de nos péchés. C’est donc le même Sacrifice. Alors, comme le dit le Pape, en méditant cette Eucharistie, « naît en nous une vivante réponse d’amour. Non seulement nous connaissons l’amour, mais nous commençons nous-mêmes à aimer. Nous entrons, pour ainsi dire, dans la voie de l’amour, et nous réalisons des progrès sur cette voie. L’amour qui naît en nous de l’Eucharistie se développe, s’approfondit et se renforce en nous grâce à elle ».
Ainsi il est vrai de dire que « le culte eucharistique » est une expression de cet amour divin, et cet amour est la caractéristique authentique et la plus profonde de la vocation chrétienne. « Ce culte jaillit de l’amour et sert à l’amour, auquel nous sommes tous appelés en Jésus-Christ ». Dès lors la Charité qui doit nous animer – c’est le commandement divin – « est un fruit vivant de ce culte eucharistique ».
Que de saints, MBCF, ont vibré à cet amour divin, exprimé dans la Sainte Eucharistie. Souvenez-vous du saint Curé d’Ars, de sainte Marguerite Marie à Paray le Monial. C’est alors qu’elle adorait la sainte Eucharistie qu’elle eut ces révélations formidables de la Charité du Dieu d’amour. « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes et qui ne reçoit en retour qu’ingratitudes ». Que ce ne soit pas ici dans cette église le cas. Pensons au Padre Pio.
On comprend alors que le pape puisse poursuivre sa réflexion sur l’amour du prochain puisqu’il ne fait qu’un avec l’amour de Dieu. Il dit: « Le sens authentique de l’Eucharistie devient, de soi, une école d’amour effectif envers le prochain ». L’amour du prochain, c’est le deuxième commandement ! Il est identique au premier : aimer Dieu ! Tel est l’ordre véritable et intégral que le Seigneur nous a enseigné : « A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à cet amour que vous aurez les uns pour les autres ». L’Eucharistie nous éduque plus profondément à cet amour puisqu’elle nous donne plus que tout autre chose le sens du prochain. Le Christ ne fait pas acception de personne, Lui qui s’est offert sur le bois de la Croix pour tous et s’offre lui-même à chacun, sous les espèces du pain et du vin. « Si notre culte eucharistique, nous dit le pape, est authentique, il doit faire croître en nous le sens de la dignité du prochain. Dès lors le sens de cette dignité devient le motif le plus profond de notre rapport avec le prochain. Vraiment Le sens du mystère eucharistique nous pousse à aimer le prochain, à aimer tout homme.
Eucharistie et Sacralité
Venons en maintenant à ma deuxième idée : Eucharistie et Sacralité.
L’Eucharistie instituée par NSJC au Cénacle, est une action « sainte et sacrée » parce qu’en elle est continuellement présent le Christ, le « Saint de Dieu ». Il agit aussi continuellement « Lui qui est le Grand Prêtre de la Nouvelle Alliance ». C’est Lui, représenté par le célébrant, qui fait son entrée dans le « Sanctuaire » divin. C’est lui qui est « l’offrant et l’offert », le « consécrateur et le consacré » ; le « consécrateur et consacré » tout ensemble. Mais cette consécration, par ce consacré, c’est l’action sainte par excellence. Elle est « constitutive des saintes Espèces ». Comme le dit très puissamment le pape : « Le « Sacrum » de la messe n’est donc pas une « sacralisation », c’est-à-dire un ajout de l’homme à l’action du Christ au Cénacle, puisque la Cène du Jeudi saint a été un rite sacré, une liturgie première et constitutive par laquelle le Christ, en s’engageant à donner sa vie pour nous, a célébré sacramentellement, Lui-même, le mystère de sa passion et de sa résurrection, cœur de toute messe. Dérivant de cette liturgie, nos messes revêtent de soi une forme liturgique complète qui, bien que diversifiée selon les familles rituelles, demeure substantiellement identique. Le » Sacrum » de la messe est une sacralité instituée par Lui. Les paroles et l’action de chaque prêtre, auxquelles correspond la participation consciente et active de toute l’assemblée eucharistique, font écho à celles du Jeudi saint ».
Le prêtre, à la messe, agit « in persona Christi » c’est-à-dire dans l’identification spécifique, sacramentelle, au « grand prêtre de l’Alliance éternelle » qui est l’auteur et le sujet principal de son propre sacrifice. Le Christ ne peut vraiment être remplacé par personne. Lui seul – le Christ seul – pouvait et peut toujours être véritable et effective « propitiation pour nos péchés… et aussi pour ceux du monde entier » Seul son sacrifice – et non celui d’un autre – pouvait et peut avoir « vertu propitiatoire ». E c’est pourquoi cette action est sainte. La sainteté est inhérente à cette action.
Cette réalité jette une certaine lumière sur le caractère et sur la signification du prêtre célébrant qui, en accomplissant le Saint Sacrifice et en agissant « in persona Christi » est introduit et inséré, de manière sacramentelle (et en même temps ineffable), au cœur même de ce « Sacrum » dans lequel, à son tour, il associe spirituellement tous ceux qui participent à l’assemblée eucharistique.
L’Eucharistie est « sainte », « sacrum » parce qu’elle est essentiellement sacrifice de la Rédemption, sacrifice de la Nouvelle alliance, comme nous le croyons et le professons clairement. Le « sacrifice » d’aujourd’hui est comme celui qu’offrit un jour l’unique Verbe Incarné, il est offert aujourd’hui comme alors par Lui car il est le sacrifice identique et unique.
C’est pourquoi ce sacrifie est saint parce que le prêtre qui l’offre, le Christ, est saint.
Mais il sanctifie aussi – il est aussi sous ce rapport « saint » – car il restitue dans le Christ et grâce au Christ, le Nouvelle Adam, tout le genre humain à Dieu et Dieu à l’homme. Il est vraiment « propitiatoire ». Lui seul, le Verbe fait chair, en s’offrant, comme victime de propitiation dans cet acte de don suprême et d’immolation– qui se perpétue sous les espèces consacrées- pouvait, « effacer la cédule de notre dette » et restituer l’homme à Dieu et Dieu à l’homme. C’est l’œuvre sainte par excellence.