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quinta-feira, 20 de agosto de 2015

Père Dom Jean PATEAU, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault




"La foi n'est pas seulement une tension personnelle vers les biens qui doivent venir, mais qui sont encore absents; elle nous donne quelque chose.
Elle nous donne déjà maintenant quelque chose de la réalité attendue, et la réalité présente constitue pour nous une « preuve » des biens que nous ne voyons pas encore.

Elle attire l'avenir dans le présent, au point que le premier n'est plus le pur « pas-encore ». Le fait que cet avenir existe change le présent; le présent est touché par la réalité future, et ainsi les biens à venir se déversent sur les biens présents et les biens présents sur les biens à venir. "


Benoît XVI SPES SALVI 



PÂQUES
Homélie prononcée
par le Très Révérend Père Dom Jean PATEAU,
Abbé de Notre-Dame de Fontgombault


Chers Frères et Sœurs, mes très chers Fils,


La lumière a jailli au milieu des ténèbres, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Cette annonce que les femmes ont portée aux apôtres est au fondement de notre foi : « Si le Christ n’est pas ressuscité, dit saint Paul, vaine est notre foi. » (1 Co 15, 17)


Un jour, cette vérité qui dépasse les limites de notre esprit laissé à ses propres forces, pour lequel un homme mort ne peut pas ressusciter, a touché notre cœur. Par la force d’en haut nous avons fait confiance à Dieu qui se révèle, et ainsi nous avons connu des vérités sur Dieu qu’il n’est pas donné à l’homme de connaître naturellement.


La foi se trouve donc au centre d’un combat qui se livre en nous. D’un côté, il y a le mode naturel de connaissance de l’être humain, qui part du sensible, de ce que nous voyons, de ce que nous touchons, de ce que nous sentons, de ce que nous entendons, de ce que nous goûtons. Dieu, lui, a le “défaut” de n’être pas sensible. La foi se heurte ainsi au naturalisme, doctrine qui affirme que la nature n’a pas d’autre cause qu’elle-même et que rien n’existe en dehors d’elle. Si nous ne soutenons pas cet enseignement, une forme diminuée du naturalisme, le naturalisme pratique, n’a-t-il pas sa place dans notre cœur ?

Nous croyons en Dieu, mais au fond nous vivons comme si Dieu n’existait pas.


L’autre protagoniste dans le combat de la foi, c’est Dieu.

Dieu qui, depuis le premier péché, depuis le jardin d’Éden, part constamment à la recherche de l’homme. L’homme, quant à lui, souvent se cache ou ferme les yeux. Le prologue de l’épître aux Hébreux nous rappelle cette quête de l’homme par son Créateur : « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles. » (Hb 1, 1-2) De même, la Constitution dogmatique Dei Verbum – La parole de Dieu, du second concile du Vatican enseigne : « Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté (cf. Ep 1, 9)grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l'Esprit-Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine (cf. Ep 2, 18 ; 2 P 1, 4).

Dans cette Révélation, le Dieu invisible (cf. Col 1, 15 ; 1 Tm 1, 17) s'adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu'à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15), il s'entretient avec eux (cf. Ba 3, 38) pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie... La profonde vérité que cette Révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l'homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation. » (Dei Verbum n° 2)

Alors que l’Année de la foi s’écoule, deux questions se posent à chacun d’entre nous.

Ai-je la foi ? Quelles sont les conséquences de cette foi sur ma vie, sur le déroulement de mes journées ? Le fait que Dieu existe, qu’il soit créateur du monde, qu’il m’ait sauvé à travers le mystère pascal, qu’il m’aime, engendre- t-il quelque chose de concret dans ma vie, ou, au contraire, Dieu doit-il se contenter d’une aumône, donnée comme à contrecœur, telle une participation occasionnelle à la Messe dominicale, une rare prière familiale, une prière jaillie d’un cœur préoccupé et dite sans attention ?

L’important dans la relation à Dieu n’est pas de se lancer dans des pratiques extraordinaires,comme dans des pèlerinages ou des sessions. Ces actions stimulent notre foi, certes, mais rien ne remplacera jamais l’incarnation dans notre présent de l’affirmation : Dieu est, il cherche à me rencontrer, il m’aime, alors moi aussi je cherche à le connaître et je l’aime.


Dans la lettre Porta Fidei promulguant l’Année de la foi, Sa Sainteté Benoît XVI écrivait : « L’Année de la foi est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde. Dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, Dieu a révélé en plénitude l’Amour qui sauve et qui appelle les hommes à convertir leur vie par la rémission des péchés (cf. Ac 5, 31). Pour l’Apôtre Paul, cet Amour introduit l’homme à une vie nouvelle : “Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle” (Rm 6, 4).

Grâce à la foi, cette vie nouvelle modèle toute l’existence humaine sur la nouveauté radicale de la résurrection. Dans la mesure de sa libre disponibilité, les pensées et les sentiments, la mentalité et le comportement de l’homme sont lentement purifiés et transformés, sur un chemin jamais complè- tement terminé en cette vie... » (Porta Fidei n°6)

Mais quelle forme peut prendre cette rencontre avec Dieu ?

Si Dieu est Créateur de toute chose, auteur de tout don, alors il est légitime et même souhaitable de le remercier pour les dons de la terre, pour la vie de ceux qui nous entourent. Dire une prière au début du repas afin de demander au Seigneur de bénir la table et ceux qui y participent, se tourner à nouveau vers lui à la fin dans une prière d’action de grâces afin de le remercier du don qu’il nous a fait, savoir prendre du temps pour son conjoint, ses enfants, les membres de sa famille, ses frères dans la vie religieuse, sont autant de moyens de rencontrer Dieu dans le concret de nos vies.

Mais il faut aller plus loin encore : si Dieu est notre Créateur, il est aussi notre Sauveur.

Avoir la foi, c’est reconnaître notre besoin vital et constant d’être sauvé.

Avoir la foi, c’est ouvrir notre cœur à l’amour du Dieu Sauveur.

Marie est notre modèle en ce cœur à cœur de tous les instants. La Messe dominicale, chaque semaine, sera l’occasion de puiser dans la communion sacramentelle ou au moins spirituelle, si la première n’est pas possible, la nourriture indispensable de notre âme pour avancer sur le chemin de la foi dans l’attente du face à face de l’éternité. La récitation pieuse de l’Angélus, trois fois par jour, est aussi un moyen simple de raviver en nous la conscience du mystère de l’Incarnation rédemptrice et de déposer dans le Fiat de Marie notre propre Fiat.


Aujourd’hui, « l’Agneau a racheté les brebis, le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec son Père. La mort et la vie se sont livrés un étonnant combat : l’Auteur de la vie, mort, règne, vivant... Nous savons que le Christ est vraiment ressuscité d’entre les morts. Ô Roi victorieux, ayez pitié de nous.

Amen. Alleluia. » (Séquence de la Messe de Pâques)