Don Divo Barsotti

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terça-feira, 28 de setembro de 2010

Venérable Pie XII : Jésus-Christ Rédempteur du monde , Médiateur entre Dieu et les hommes durant son séjour sur la terre, non seulement il annonça le commencement de la Rédemption et l’inauguration du royaume de Dieu, mais il s’employa aussi à sauver les âmes par l’exercice continuel de la prière et du sacrifice, jusqu’au jour où, sur la croix, il s’offrit en victime sans tache à Dieu, pour purifier notre conscience des œuvres mortes, afin que nous servions le Dieu vivant. Par là, toute l’humanité, heureusement retirée du chemin qui la conduisait à la ruine et à la perdition, fut de nouveau orientée vers Dieu, afin que par la coopération de chacun à l’acquisition de sa propre sainteté, qui naît du sang immaculé de l’Agneau elle donnât à Dieu la gloire qui lui est due. L’Église, fidèle au mandat reçu de son fondateur, continue donc la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, principalement par la sainte liturgie. Elle le fait d’abord à l’autel, où le sacrifice de la croix est perpétuellement représenté (Cf. Conc. Trid., Sess. XXII, can. 1.) et renouvelé, la seule différence étant dans la manière de l’offrir (Ibid., can. 2.) ; ensuite par les sacrements qui sont pour les hommes les moyens spéciaux de participer à la vie surnaturelle ; enfin par le tribut quotidien de louange offert à Dieu, Souverain Bien.

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Encyclique MEDIATOR DEI


de Sa Sainteté le Pape PIE XII

SUR LA SAINTE LITURGIE


D’après le texte latin des A. A. S., XXXIX, 1947, p. 521 ; traduction française officielle publiée dans la Documentation Catholique, t. XLV, col. 193. Les titres et sous-titres ne font pas partie du texte original, mais de la version française de Rome.




A nos vénérables frères les patriarches, primats, archevêques, évêques et autres ordinaires de lieux en paix et communion avec le siège apostolique

Vénérables frères, salut et bénédiction apostolique


INTRODUCTION

Jésus-Christ Rédempteur du monde

Médiateur entre Dieu et les hommes (I Tm II, 5), Grand Prêtre qui a pénétré les cieux, Jésus, Fils de Dieu (cf. He IV, 14), en entreprenant l’œuvre de miséricorde qui devait combler le genre humain de bienfaits surnaturels, eut certainement en vue de rétablir entre les hommes et leur Créateur l’ordre troublé par le péché et de ramener à son Père céleste, principe premier et fin dernière, l’infortunée descendance d’Adam, souillée par la faute originelle.

C’est pourquoi, durant son séjour sur la terre, non seulement il annonça le commencement de la Rédemption et l’inauguration du royaume de Dieu, mais il s’employa aussi à sauver les âmes par l’exercice continuel de la prière et du sacrifice, jusqu’au jour où, sur la croix, il s’offrit en victime sans tache à Dieu, pour purifier notre conscience des œuvres mortes, afin que nous servions le Dieu vivant (cf. He IX, 14). Par là, toute l’humanité, heureusement retirée du chemin qui la conduisait à la ruine et à la perdition, fut de nouveau orientée vers Dieu, afin que par la coopération de chacun à l’acquisition de sa propre sainteté, qui naît du sang immaculé de l’Agneau elle donnât à Dieu la gloire qui lui est due.

Le divin Rédempteur voulut ensuite que la vie sacerdotale, qu’il avait commencée dans son corps mortel par ses prières et son sacrifice, fût continuée sans interruption au cours des siècles dans son Corps mystique qui est l’Église. Il institua donc un sacerdoce visible pour offrir en tout lieu l’oblation pure (cf. Mal., I, 11), afin que tous les hommes, de l’Orient à l’Occident, délivrés du péché, servissent Dieu, par devoir de conscience, librement et spontanément.
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L’Église continue la fonction sacerdotale de Jésus-Christ

L’Église, fidèle au mandat reçu de son fondateur, continue donc la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, principalement par la sainte liturgie. Elle le fait d’abord à l’autel, où le sacrifice de la croix est perpétuellement représenté (Cf. Conc. Trid., Sess. XXII, can. 1.) et renouvelé, la seule différence étant dans la manière de l’offrir (Ibid., can. 2.) ; ensuite par les sacrements qui sont pour les hommes les moyens spéciaux de participer à la vie surnaturelle ; enfin par le tribut quotidien de louange offert à Dieu, Souverain Bien. " Quel joyeux spectacle n’offre pas au ciel et à la terre l’Église en prière, dit Notre prédécesseur Pie XI, d’heureuse mémoire. Sans interruption, tout le jour et toute la nuit, se répète sur la terre la divine psalmodie des chants inspirés ; il n’est pas d’heure du jour qui ne soit sanctifiée de sa liturgie propre, il n’est pas de période de la vie qui n’ait sa place dans l’action de grâces, la louange, les demandes et la réparation de cette solennelle et commune prière du Corps mystique du Christ, qui est l’Église ". (Lettre encycl. Caritate Christi, du 3 mai 1932.)
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Réveil des études liturgiques

Vous savez sans doute, Vénérables Frères, qu’à la fin du siècle dernier et au début de celui-ci, les études liturgiques furent poussées avec une singulière ardeur, par les louables efforts de particuliers, et grâce surtout à l’activité zélée et assidue de plusieurs monastères de l’Ordre illustre de saint Benoît ; il s’ensuivit, non seulement dans de nombreux pays d’Europe, mais même au-delà des mers, une noble et fructueuse émulation dont les résultats bienfaisants ne tardèrent pas à se faire sentir, soit dans le domaine des sciences religieuses où les rites liturgiques de l’Église d’Occident et de celle de l’Orient furent plus largement étudiés et connus, soit dans la vie spirituelle privée de nombreux chrétiens.

Les cérémonies sacrées de la messe ont été mieux connues, comprises, estimées ; la participation aux sacrements a été plus large et plus fréquente ; la beauté des prières liturgiques plus goûtée, et le culte de la sainte Eucharistie considéré, à juste titre, comme la source et l’origine de la vraie piété chrétienne. En outre, plus que par le passé, on a fait connaître aux fidèles qu’ils forment tous ensemble un seul corps, très étroitement uni, dont le Christ est la tête et que le peuple chrétien a le devoir de participer, à sa juste place, aux rites liturgiques.
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Empressement du Saint-Siège pour le culte liturgique

Vous savez certainement que ce Siège apostolique a toujours apporté un soin diligent pour que le peuple confié à sa garde fût éduqué à un sens liturgique à la fois juste et actif, qu’avec un zèle non moins grand il s’est préoccupé de faire briller jusque dans l’extérieur des rites sacrés une dignité convenable. Parlant Nous-même, selon la coutume, aux prédicateurs de carême à Rome en 1943, Nous les avons instamment priés d’exhorter leurs auditeurs à prendre une part plus active au sacrifice de la messe ; récemment encore, Nous avons fait faire une nouvelle traduction latine du livre des psaumes sur le texte original, afin que les prières liturgiques dont il constitue dans l’Église catholique une part si importante fussent mieux comprises, leur vérité et leur saveur plus facilement perçues. (Cf. Lettre ap. Motu Proprio In cotidianis precibus, du 24 mars 1945.)

Bien que cet apostolat liturgique Nous apporte un grand réconfort à cause des fruits salutaires qui en proviennent, la conscience de Notre charge Nous impose pourtant de suivre avec attention ce renouveau tel qu’il est présenté par quelques-uns, et de veiller soigneusement à ce que les initiatives ne dépassent pas la juste mesure ni ne tombent dans de véritables excès.

o o mais que tinha relação com o culto divino.(11)
 
Déficits des uns - Exagération des autres

Or si, d’une part, Nous constatons avec douleur que dans quelques pays le sens, la connaissance et le goût de la sainte liturgie sont parfois insuffisants et même presque inexistants, d’autre part Nous remarquons, non sans préoccupation et sans crainte, que certains sont trop avides de nouveauté et se fourvoient hors des chemins de la saine doctrine et de la prudence. Car, en voulant et en désirant renouveler la sainte liturgie, ils font souvent intervenir des principes qui, en théorie ou en pratique, compromettent cette sainte cause, et parfois même la souillent d’erreurs qui touchent à la foi catholique et à la doctrine ascétique.

La pureté de la foi et de la morale doit être la règle principale de cette science sacrée qu’il faut en tout point conformer aux plus sages enseignements de l’Église. C’est donc Notre devoir de louer et d’approuver tout ce qui est bien, de contenir ou de blâmer tout ce qui dérive du vrai et juste chemin.

Que les inertes et les tièdes ne croient pourtant pas avoir Notre approbation parce que Nous reprenons ceux qui se trompent ou que Nous refrénons les audacieux ; mais que les imprudents ne s’imaginent pas couverts de louanges du fait que Nous corrigeons les négligents et les paresseux.

Dans cette encyclique nous nous occupons surtout de la liturgie latine ; ce n’est pas que Nous nourrissions une moindre estime pour les vénérables liturgies de l’Église orientale, dont les rites, transmis par d’anciens et glorieux documents, Nous sont également très chers ; mais cela tient aux conditions particulières de l’Église d’Occident, qui semblent demander en cette matière l’intervention de Notre autorité.

Que tous les chrétiens écoutent donc avec docilité la voix du Père commun, dont le désir le plus ardent est que tous, intimement unis à lui, s’approchent de l’autel de Dieu, en professant la même foi, en obéissant à la même loi, en participant au même sacrifice, d’un même esprit et d’une même volonté. L’honneur dû à Dieu le réclame ; les besoins des temps actuels l’exigent. En effet, après une longue et cruelle guerre qui a divisé les peuples par ses discordes et ses carnages, les hommes de bonne volonté font de leur mieux pour les ramener tous à la concorde. Nous croyons pourtant qu’aucun projet et aucune initiative ne sont, en ce cas, aussi efficaces que le zèle énergique pour la religion et l’esprit vigoureux qui doivent animer et guider les chrétiens, de sorte que, acceptant sincèrement les mêmes vérités et obéissant de bon cœur aux légitimes pasteurs, dans l’exercice du culte rendu à Dieu, ils constituent une communauté fraternelle : " Puisque, tout en étant plusieurs, nous formons un seul corps, nous qui participons tous à un même pain " (I Cor X. 17).



I. LA LITURGIE, CULTE PUBLIC

Honorer Dieu : devoir des individus

Le devoir fondamental de l’homme est certainement celui d’orienter vers Dieu sa personne et sa vie. " Car c’est à lui que nous devons tout d’abord nous unir comme à notre principe indéfectible, à lui que doivent constamment s’adresser nos choix comme à notre fin dernière, c’est lui aussi que dans notre négligence nous perdons par le péché, et que nous devons retrouver en témoignant de notre foi et de notre fidélité " (S. Thomas, Summa Theol., IIa IIae, q. 81, a. 1.). Or l’homme se tourne normalement vers Dieu quand il en reconnaît la suprême majesté et le souverain magistère, quand il accepte avec soumission les vérités divinement révélées, quand il en observe religieusement les commandements, quand il fait converger vers lui toute son activité, bref quand il lui rend, par la vertu de religion, le culte et l’hommage dus à l’unique et vrai Dieu.


Devoir de la collectivité

C’est un devoir qui oblige en premier lieu les hommes pris en particulier, mais c’est aussi un devoir collectif de toute la communauté humaine basée sur des liens sociaux réciproques, parce qu’elle aussi dépend de l’autorité suprême de Dieu.

Il faut remarquer, en outre, que les hommes y sont tenus d’une manière spéciale, pour avoir été élevés par Dieu à l’ordre surnaturel.

C’est pourquoi nous voyons Dieu dans l’établissement de la loi ancienne, édicter aussi des préceptes rituels et préciser avec soin les règles que le peuple devait observer pour lui rendre un culte légitime. Il établit, en conséquence, divers sacrifices et fixa les diverses cérémonies pour les bien offrir ; il détermina clairement tout ce qui concernait l’arche d’Alliance, le temple et les jours de fête. Il constitua la tribu sacerdotale et le Grand Prêtre, il indiqua avec détail les vêtements dont se serviraient les ministres sacrés, et tout ce qui pourrait avoir quelque relation avec le culte divin (cf. Livre du Lévitique).

Ce culte, du reste, n’était qu’une ombre (cf. He X, 1) de celui que le Prêtre suprême du Nouveau Testament devait rendre au Père céleste.


Honneur rendu au Père par le Verbe incarné : sur la terre…

De fait à peine " Le Verbe s’est-il fait chair " (Jn, I, 14) qu’il se manifeste au monde dans sa fonction sacerdotale, en faisant au Père éternel un acte de soumission qui devait durer tout le temps de sa vie : " En entrant dans le monde il dit : voici que je viens… pour faire, ô Dieu, votre volonté " (Heb X. 5-7). Cet acte, il devait le porter à sa perfection d’une manière merveilleuse dans le sacrifice sanglant de la croix : " C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’oblation que Jésus-Christ a faite, une fois pour toutes, de son propre corps " (Ibid., X, 10). Toute son activité au milieu des hommes n’a pas d’autre but. Enfant, il est présenté au Seigneur dans le temple de Jérusalem ; adolescent, il s’y rend encore ; dans la suite il y retourne souvent pour instruire le peuple et pour prier. Avant d’inaugurer son ministère public, il jeûne durant quarante jours ; par la parole et par son exemple il nous exhorte tous à prier, soit de jour, soit de nuit. En tant que Maître de vérité, " il éclaire tout homme " (Jn, I, 9), afin que les mortels reconnaissent le vrai Dieu immortel et qu’ils ne soient pas " de ceux qui se retirent pour leur perte, mais de ceux qui gardent la foi pour sauver leur âme " (He X, 39). En tant que Pasteur, il dirige son troupeau, il le conduit aux pâturages vivifiants et lui donne une loi à observer, afin que personne ne s’écarte de lui et de la route droite tracée par lui, mais que tous vivent saintement sous son inspiration et sous sa conduite. A la dernière Cène, usant d’un rite et d’un apparat solennel, il célèbre la nouvelle Pâque et il en assure la continuation grâce à l’institution divine de l’Eucharistie ; le lendemain, élevé entre ciel et terre, il offre sa vie en sacrifice pour nous sauver, et de sa poitrine transpercée il fait en quelque sorte jaillir les sacrements, qui distribuent aux âmes les trésors de la Rédemption. Ce faisant, il n’a en vue que la gloire de son Père et la plus grande sainteté de l’homme.


… et dans la gloire

Entré ensuite dans le lieu de la béatitude céleste, il veut que le culte institué et rendu durant sa vie sur terre se continue sans interruption. Car il ne laisse pas orphelin le genre humain : il l’assiste toujours de sa continuelle et puissante protection, en se faisant notre avocat au ciel auprès du Père (cf. I Jn, II, 1) ; mais il l’aide aussi par son Église, dans laquelle il perpétue sa divine présence au cours des siècles, qu’il a établie la colonne de la vérité (cf. I. Tm III, 15) et la dispensatrice de sa grâce, et que par le sacrifice de la croix il fonda, consacra et affermit à jamais. (Cf. Boniface IX, Ab origine mundi, du 7 octobre 1391, Callixte III, Summus Pontifex, du 1er janvier 1456 ; Pie II, Triumphans Pastor, du 22 avril 1459 ; Innocent XI, Triumphans Pastor, du 3 octobre 1678.)
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L’Église continue à honorer Dieu, en union avec le Christ

L’Église a donc en commun avec le Verbe incarné le but, le devoir et la fonction d’enseigner à tous la vérité, de régir et de gouverner les hommes, d’offrir à Dieu le sacrifice digne et acceptable, et de rétablir ainsi entre le Créateur et les créatures cette union et cette harmonie que l’apôtre des nations désigne clairement par ces paroles : " Vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes de passage ; mais vous êtes concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu, édifiés que vous êtes sur le fondement des apôtres et des prophètes, dont Jésus-Christ lui-même est la pierre angulaire. C’est en lui que tout l’édifice bien ordonné s’élève, pour former un temple saint dans le Seigneur ; c’est en lui que, vous aussi, vous êtes édifiés, pour être par l’Esprit-Saint une demeure où Dieu habite " (Ep II, 19-22). Dans sa doctrine, dans son gouvernement, dans le sacrifice et les sacrements que le divin Rédempteur a institués, dans le ministère enfin qu’il lui a confié après avoir ardemment prié et répandu son sang, la société fondée par lui n’a d’autre fin que de croître et de s’étendre toujours plus, ce qui se réalise quand le Christ s’établit et grandit dans les âmes des mortels et quand à leur tour les âmes des mortels croissent et se fortifient dans le Christ ; de la sorte s’amplifie chaque jour davantage dans ce terrestre exil le temple sacré où la divine Majesté reçoit le culte agréable et légitime. Dans toute action liturgique, en même temps que l’Église, son divin Fondateur se trouve présent : le Christ est présent dans le saint sacrifice de l’autel, soit dans la personne de son ministre, soit surtout, sous les espèces eucharistiques ; il est présent dans les sacrements par la vertu qu’il leur infuse pour qu’ils soient des instruments efficaces de sainteté ; il est présent enfin dans les louanges et les prières adressées à Dieu, suivant la parole du Christ : " Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux " (Mt., XVIII, 20). La sainte liturgie est donc le culte public que notre Rédempteur rend au Père comme Chef de l’Église ; c’est aussi le culte rendu par la société des fidèles à son chef et, par lui, au Père éternel : c’est, en un mot, le culte intégral du Corps mystique de Jésus-Christ, c’est-à-dire du Chef et de ses membres.
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Commencements historiques de la sainte liturgie

L’activité liturgique a pris naissance avec la fondation même de l’Église. Les premiers chrétiens, en effet, " étaient assidus aux prédications des apôtres, à la fraction du pain en commun et aux prières " (Ac II, 42). Partout où les pasteurs peuvent réunir le noyau de fidèles, ils dressent un autel sur lequel ils offrent le sacrifice et autour duquel viennent prendre place d’autres rites destinés à la sanctification des hommes et à la glorification de Dieu. Au premier rang de ces rites se trouvent les sacrements, les sept sources principales de salut ; vient ensuite la louange divine assurée par les fidèles qui dans leurs réunions communes obéissent aux exhortations de l’apôtre Paul : " Que vous vous instruisiez et vous avertissiez les uns les autres en toute sagesse ; sous l’inspiration de la grâce, que vos cœurs s’épanchent vers Dieu en chants, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels " (Col. III, 16) ; puis vient la lecture de la loi des prophètes, de l’Évangile et des Épîtres des apôtres ; enfin l’homélie, ou sermon du président de l’assemblée, qui rappelle et commente avec profit les enseignements du divin Maître et les événements principaux de sa vie, et dont les conseils opportuns et les exemples stimulent tous les assistants.

Son organisation et ses développements

Le culte s’organise et se développe selon les circonstances et les besoins des chrétiens, il s’enrichit de nouveaux rites, de nouvelles cérémonies et de nouvelles formules, toujours dans le but " que nous tirions enseignement de ces signes extérieurs, que nous prenions conscience de nos progrès et que nous nous stimulions fortement à les poursuivre car la valeur du résultat dépendra de la ferveur qui l’aura précédé " (S. Augustin, Epist. 130, ad Probam, 18.). L’âme est ainsi rendue plus attentive à Dieu et le sacerdoce de Jésus-Christ remplit son rôle à travers tous les siècles, puisque aussi bien la liturgie n’est pas autre chose que l’exercice de cette fonction sacerdotale. Comme son divin Chef, l’Église assiste à jamais ses fils, elle les aide et les exhorte à la sainteté afin qu’ils puissent un jour, parés de cette beauté surnaturelle, faire retour au Père qui est dans les cieux. Elle engendre à la vie céleste ceux qui sont nés à la vie terrestre ; dans leur lutte contre l’ennemi implacable, elle leur communique la force du Saint-Esprit ; elle appelle les chrétiens près des autels et, de ses avis et de ses invitations réitérés, elle les pousse à prendre leur part dans la célébration du sacrifice eucharistique ; elle les nourrit du Pain des anges pour qu’ils soient toujours plus forts ; ceux que le péché a blessés et souillés, elle les purifie et elle les console ; ceux qui sont appelés par vocation divine à remplir le ministère sacerdotal, elle les consacre par un rite légal ; elle affermit de ses grâces et de ses dons surnaturels le chaste mariage de ceux qui sont destinés à fonder et constituer une famille chrétienne ; enfin, après avoir réconforté et restauré les dernières heures de leur vie terrestre par son viatique eucharistique et par la sainte onction, elle accompagne pieusement au tombeau les dépouilles de ses fils, elle les y dépose religieusement et les met sous la protection de la croix, afin qu’un jour elles en ressuscitent victorieuses de la mort. A ceux qui se consacrent au service de Dieu pour atteindre la perfection dans la vie religieuse, elle accorde sa bénédiction et de solennelles prières. Elle tend enfin sa main secourable aux âmes qui dans les flammes du purgatoire implorent des prières et des suffrages, afin de les conduire finalement à l’éternel bonheur.