Don Divo Barsotti

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segunda-feira, 9 de novembro de 2009

Instituto do Bom Pastor foi fundado por 5 Padres há 3 anos e aprovado : conta hoje com 21 sacerdotes e 35 jovens seminaristas de várias nações



Alegria em receber a Bênção dos neo -Sacerdotes do Bom Pastor
Ordenações realizadas a 3 de Março de 2007


Ordenações realizadas pelo Cardeal Dario Castrillón a 22 de Setembro de 2007
Ordenações realizadas a 23 de Fevereiro de 2008 na Basílica de S.João de Latrão em Roma


Ordenações de Março de 2008



Fondation et développement de l’Institut du Bon Pasteur



À Rome, le vendredi 8 septembre 2006, en la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, le cardinal DARIO CASTRILLON-HOYOS, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, a approuvé au nom du Saint-Siège les statuts et la fondation de L’INSTITUT DU BON PASTEUR, canoniquement érigé en « Société de vie apostolique ».
Regroupant à l’origine, sous la houlette de M. l'abbé Laguérie, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, six membres fondateurs (cinq prêtres et un diacre), issus de la Fraternité Saint-Pie-X fondée par Mgr Lefebvre, cette nouvelle communauté est la première du genre reconnue par le pape BENOIT XVI lui-même. Depuis le 8 septembre 2006, cinq autres prêtres ont rejoint les fondateurs et, avec les deux nouvelles ordinations du 4 mars 2007, le nouvel institut compte à ce jour douze prêtres, douze séminaristes (dont trois diacres) et un postulant frère. Un district a été créé pour l’Amérique latine dont le siège est au Chili, à Santiago, dirigé par Padre Raphael Navas, ancien de la FSSPX.

Un institut de Droit pontifical
L’institut du Bon Pasteur est constitué de Droit pontifical, c’est-à-dire qu’il relève directement du Saint-Siège et que son supérieur a le pouvoir de juridiction ordinaire, aux fors interne et externe, sur tous les membres de la communauté. Il incardine ses membres prêtres et diacres, c’est-à-dire qu’il les rattache directement à l’Église romaine. Il peut ouvrir des séminaires et appeler aux ordres mineurs et majeurs les candidats reconnus aptes au sacerdoce. Pouvoir dont il a usé dernièrement en faisant ordonner deux diacres et deux nouveaux prêtres. Les statuts lui permettent aussi d’appeler des frères auxiliaires à la vie religieuse.

Un communauté de vie apostolique dédiée au rite traditionnel
Le Saint-Siège a dédié l’Institut du Bon Pasteur à « l’usage exclusif de la liturgie grégorienne » pour la messe et pour tous les sacrements, selon « les livres liturgiques en vigueur en 1962 » (Statuts II §2). La liturgie traditionnelle est déclarée « rite propre de l’Institut dans tous ses actes liturgiques » (Statuts I §2). Selon les statuts et selon le décret d’érection, il s’agit non d’un indult mais d’une mission et d’une discipline propre, qui manifeste combien le rite dit « de Saint Pie V » est légitime et constitue une richesse pour l’Église. Désormais, à travers les statuts du Bon Pasteur, la messe traditionnelle n’est plus seulement une permission. Elle se trouve encouragée pour elle-même par le Siège Romain.

La communion pleinement manifestée
Les prêtres et les diacres de cette nouvelle œuvre apostolique et missionnaire se réjouissent de la générosité avec laquelle la hiérarchie ecclésiastique a reçu leur demande d’une communion qui soit enfin pleinement manifestée avec le Saint-Siège. Le décret d’érection du 8 septembre 2006 est le signe certain de leur communion avec l’Église de Rome, avec toutes les Églises en communion avec elle.

« Une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église »
Par ailleurs, chaque membre fondateur reconnaît personnellement « respecter le Magistère authentique » du Siège Romain, dans « une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église (Statuts II §2). D’un point de vue doctrinal, conformément au discours du pape Benoît XVI à la Curie Romaine le 22 décembre 2005, les membres de l’Institut, autant qu'il est en eux, sont engagés par une « critique sérieuse et constructive » du concile Vatican II, pour permettre au Siège Apostolique d’en donner l'interprétation authentique.
La communion crée un espace de dialogue et de controverse saine et sereine. Ainsi, sous l’égide du Bon Pasteur, un grand débat sur la Tradition et la réception de Vatican II a rassemblé fraternellement le 20 novembre 2006 un millier de catholiques de tendances plus que variées. Le 2 décembre, par un colloque universitaire sur « Les célébrations liturgiques, Tradition ou mutations ? », l’institut a donné la parole à une dizaine de professeurs et de prêtres, dont le père Lang, leur permettant d’exposer devant une centaine de participants le fruit de leurs travaux critiques innovants (historiques et théologiques). Le Cardinal Ricard lui-même a prévu de créer prochainement une commission de discussion doctrinale à Bordeaux pour débattre sereinement, dans le respect mutuel, des points d’achoppement sur le concile et sa réception.

Des prêtres au service des paroisses
Cependant, les statuts de l’Institut du Bon Pasteur le destinent pareillement à « servir les paroisses (avec mission canonique de l’Ordinaire) », à « les faire vivre et les faire aimer des fidèles pour le salut de leurs âmes » (Statuts III §2), sur le modèle du Bon Pasteur qui nourrit ses brebis, communique l’espérance, secourt les détresses et répand dans les cœurs l’amour de Dieu et du prochain. C’est là sa mission quotidienne. Aussi, le décret d’érection prévoit que soient confiées à l’Institut des paroisses personnelles.

Le Cardinal Ricard accueille le premier la nouvelle fondation à Bordeaux, en l’église Saint-Éloi
Fait digne d’être remarqué, le cardinal JEAN-PIERRE RICARD a accueilli le premier avec bienveillance la nouvelle fondation dans son diocèse de Bordeaux, en l’église Saint-Éloi, siège principal de l’Institut. Précisément le 1er février 2007, ce nouvel Institut a reçu le plein accord du président de la conférence épiscopale française, lequel a érigé en cette église historique une « paroisse personnelle déterminée par l’usage (non optionnel) des livres liturgiques de 1962 » pour la lui confier. Le cardinal Ricard ouvre ici une voie d’avenir et d’apaisement. C’est en effet la première fois dans l’Église de France qu’une convention diocésaine est passée avec un institut pontifical, pour lui confier une paroisse exclusivement consacrée à la liturgie traditionnelle et aux fidèles qui la pratiquent.

Un séminaire traditionnel en France et deux ordinations sacerdotales
À Courtalain, en Eure-et Loire, l’Institut a ouvert en octobre 2006 un séminaire international pour la formation des futurs prêtres et des frères. Sous la responsabilité de l’abbé Paul Aulagnier, assisté de l’abbé Henri Forestier, ce séminaire accueille déjà une douzaine de jeunes candidats au sacerdoce, en provenance de France, de Pologne, du Brésil et du Chili. Cette œuvre placée sous le patronage de Saint-Vincent de Paul, restaurateur du sacerdoce en France au XVIIe siècle, est un gage d’espérance et de vitalité au service de la Mission pour l’Église de demain. L’ordination de deux prêtres dans le rite traditionnel, le 4 mars 2007, candidats autrefois formés à Écône en Suisse, par un prélat romain, Mgr Luigi de Magistris, dans une église paroissiale mise à disposition par Mgr Pansard, évêque de Chartres, est une grâce nouvelle qui réjouit le cœur et qui manifeste une ouverture prometteuse pour l’Église de France.

Une espérance pour l’Église
Désormais, l’expérience paroissiale et missionnaire de la Tradition est ponctuellement possible dans le cadre d’une juridiction ordinaire. D’ores et déjà, on peut penser que l’approbation de l’Institut du Bon Pasteur constitue un banc d’essai et une voie pour l’avenir, dans l’attente du texte annoncé à Rome en faveur de la liberté rendue à la messe traditionnelle.



Quelques dates clefs


8 septembre 2006
En la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, signature à Rome du décret d’érection de la société de vie apostolique Institut du Bon Pasteur, de droit pontifical, par le cardinal Dario Castrillon Hoyos, Préfet de la Congrégation du Clergé et président de la Commission Ecclesia Dei. L’Institut fondé ad experimendum pour cinq ans compte six membres fondateurs – cinq prêtres (Abbés Philippe Laguérie, Paul Aulagnier, Christophe Héry, Guillaume de Tanoüarn, Henri Forestier) et un diacre (abbé Claude Prieur). L’abbé Philippe Laguérie est nommé Supérieur général.


Au cours des mois de septembre-octobre…
Quatre prêtres issus de la FSSPX rejoignent l’Institut. Ouverture à Rome de la Casa del Buon Pastore pour les prêtres et séminaristes poursuivant des études dans les universités romaines, dirigée par Don Carlo Cecchin. Lancement du district d’Amérique latine sous la houlette du prêtre colombien Raphael Navas, à Santiago au Chili.


21 octobre 2006
Ouverture du Séminaire Saint-Vincent de Paul à Courtalain, au diocèse de Chartres, sous la direction de M. l’abbé Paul Aulagnier, accueillant quatre séminaristes et un postulant frère. La direction de la formation est confiée à M. l’abbé Henri Forestier. Le séminaire accueille aujourd’hui douze jeunes de première année, venus de France (4), de Pologne (1), du Brésil (3) et du Chili (1).


20 novembre 2006

Rassemblement à la Mutualité à Paris. L’Institut du Bon Pasteur réunit un millier de catholiques de tendances diverses, voire opposées, autour du thème : « la Tradition, notre bien commun ». Animés par l’abbé Guillaume de Tanoüarn, les débats confrontent les positions d’une vingtaine d’intervenants, dont l’abbé Philippe Laguérie et Jean-Pierre Denis (de La Vie).


2 décembre 2006
Première Rencontre universitaire foi et raison à Paris, sous l’égide du Bon Pasteur. Sous la direction de l’abbé Christophe Héry, des professeurs d’université, des prêtres et des religieux présentent leurs travaux historiques et théologiques devant une assemblée d’une centaine de participants, autour du thème brûlant : « Les célébrations liturgiques : Tradition ou mutation ? » Le Père Lang conclut ce colloque par la présentation en français de son nouveau livre, préfacé par le pape, Se tourner vers le Seigneur.


1er février 2007
Signature à Bordeaux, par le cardinal archevêque Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France et par l’abbé Philippe Laguérie, de la convention pour l’église Saint-Éloi, érigée en « paroisse personnelle déterminée par l’usage (non optionnel) des livres liturgiques de 1962 » et confiée à l’Institut du Bon Pasteur pour une durée expérimentale de cinq ans. L’abbé Laguérie est nommé curé.


4 février 2007
Première cérémonie de vêture pour l’Institut du Bon pasteur en l’église Saint-Éloi. Quatre jeunes séminaristes (trois français et un polonais) et un jeune postulant frère reçoivent la soutane des mains de l’abbé Philippe Laguérie, assisté des abbés Paul Aulagnier et Henri Forestier, devant une assistance comble. Dans son homélie, Il prêche sur la générosité de ces jeunes gens et la splendeur de la vocation sacerdotale.


15 février 2007
À Vaduz, au Liechtenstein, premières ordinations pour l’Institut : un diacre (l’abbé David Belon), un sous-diacre (l’abbé René-Sébastien Fournié) et un acolyte (l’abbé Stefano Carusi), recoivent les ordres des mains de S. E. Mgr Wolfgang Haas.


3 mars 2007
Premières ordinations sacerdotales dans l’Institut du Bon Pasteur, par S. E. Mgr Luigi de Magistris, de MM les abbé Claude Prieur et David Belon. MM les abbé R.-S. Fournié et J.-P. Gaillard reçoivent également la grâce du diaconat. L’église paroissiale jouxtant le séminaire Saint-Vincent de Paul de Courtalain, mise à disposition pour cette occasion par S.E. Mgr Pansard, évêque de Chartres, ne peut contenir la foule des fidèles.



Questions fréquement posées


Comment avez-vous conclu si vite un « accord » avec Rome ?
Les circonstances providentielles que tous connaissent ont voulu que nous allions seuls à Rome demander ce que nous avons finalement obtenu – grâce au pape et au cardinal Castrillon – avec une rapidité qui a pu surprendre (mais nous avions pris contact à Rome dès avril 2006). La solution ne pouvait venir que de Rome et nous avons toujours considéré comme un mal – non comme un avantage – le fait d’être rejeté de la communion juridique de l’Église. Le pape est le chef de l’Église. Il a posé le 8 septembre un acte de gouvernement. Il a montré sa volonté affirmée de s’appuyer sur tous les prêtres qui désirent évangéliser le monde du XXIe siècle ; pour la première fois, Benoît XVI a concrétisé son désir d’une plus grande communion avec les défenseurs de la liturgie traditionnelle de la première heure ; il a tranché que, pour la première fois depuis 1971, le rite grégorien ne soit plus relégué au rang d’un sous-droit. C’est un grand pas pour la paix de l’Église, sa liturgie et son unité.
De notre côté, nous avons tout mis en œuvre pour demander la meilleure solution possible : rechercher à Bordeaux la conciliation du Cardinal Ricard au sujet de la paroisse St-Éloi, vivante et remplie de fidèles ; convaincre le Saint-Siège de nous accorder la messe traditionnelle avec la garantie d’un rite propre, afin de nous associer en paix au travail missionnaire des paroisses.

La fondation de l’Institut du Bon Pasteur serait-elle une énième tentative romaine pour normaliser des prêtres traditionalistes ?
Cette fondation peut sembler reproduire une logique déjà connue de normalisation sous conditions. Mais pour un œil attentif, le contexte et le scénario sont entièrement neufs et les commentaires médiatiques, favorables ou hostiles, ne s’y sont pas trompés. La nouveauté la plus évidente des statuts et du décret d’érection du Bon Pasteur par le Saint-Siège, c’est la reconnaissance par Rome de la forme traditionnelle de la liturgie (messe et tous les sacrements, selon les livres de 1962), comme « rite propre » et « exclusif » de l’Institut et la faculté de discuter de la réception de Vatican II et de ses ruptures.


Pourquoi ce privilège du « rite propre », réservé à quelques prêtres mais non présenté comme un droit pour tous ? Le danger de ghetto existe…
Comme le soulignait Mgr FELLAY dans sa lettre au cardinal CASTRILLON du 6 juin 2004, « nous ne voyons pas comment nous pourrions arriver à une reconnaissance sans passer par un certain nombre d’étapes. » On ne peut en effet imaginer parvenir à une plus grande liberté de la messe traditionnelle sans étapes. Or, nul ne peut le nier, une étape irréversible vient d’être franchie par le Saint Père ce 8 septembre 2006 en créant le « rite propre » : l’ère du ghetto, des chapelles-hangars ou du créneau horaire consenti à la messe grégorienne dans une église périphérique va bientôt passer. Le terme d’ailleurs ne doit pas faire peur : le pape nous confie cette mission d’ouvrir de véritables paroisses, non territoriales mais personnelles, fondées exclusivement sur cette liturgie, et accessible à tous les fidèles qui le désirent, sans conditions géographiques ou autres. La convention signée à Bordeaux le premier février 2007 pour la paroisse Saint-Eloi concrétise cette mission. Déjà dans cette église, depuis le dimanche 10 septembre, l’assistance aux messes le dimanche et en semaine a augmenté d’un coup d’une proportion de 25% à 30 %, venue de toutes parts. Certains retrouvent la pratique après des années. De nombreux jeunes viennent prier. Il n’y a là pas l’ombre d’un « communautarisme », mais au contraire un encouragement missionnaire. Le ghetto commence lorsque, par crainte, on conçoit sa propre mise à l’écart comme un confort et un bien. C’est une attitude que Mgr Lefebvre lui-même n’a jamais partagée.


Serez-vous amenés à concélébrer dans le nouveau rite ?
Non. D’une part, nos statuts qui ont reçu l’approbation du Saint Père ne nous permettent de célébrer que le rite traditionnel. D’autre part, selon le Droit canon, nul ne peut obliger un prêtre à la concélébration qui reste entièrement libre. Cette liberté de ne pas concélébrer devrait-elle subir des contraintes ? Ne doit-elle pas être respectée dans l’Église ? La communion inclut cette liberté et ne peut la détruire.


Quel est l’enjeu pour l’avenir du rite traditionnel ?

Selon ce qu’a voulu le pape, « rite propre » veut dire qu’il ne s’agit plus d’un « indult », d’une concession ou d’un passe-droit, soumis aux clauses restrictives du Motu proprio Ecclesia Dei de 1988, mais un plein droit de célébrer le rite traditionnel, sans conditions. C’est la première fois depuis sa suppression en 1971 que la messe de St Pie V (qui remonte en réalité à St Grégoire le Grand, pape du VIe siècle), fait l’objet d’une vraie reconnaissance dans le droit romain. Cette ouverture est majeure. L’interdit sur la messe grégorienne est levé en son principe. L’élargissement de ce droit pour d’autres prêtres suivra certainement. Pour l’heure, de vraies paroisses « déterminées par l'usage des livres liturgiques de 1962 », comme Saint-Éloi, pourront s’ouvrir en France et rayonner par la beauté de la liturgie antique de manière ordinaire. C’est un pas considérable vers une communion plus ouverte à ses propres racines et à sa Tradition.


Avez-vous dû demander pardon ou signer des concessions ?
Nous avons négocié à Rome et tenu des conversations pastorales et doctrinales, dans un climat de confiance réciproque et non de repentance. Le Saint Siège à reçu plusieurs exemplaires du livre Non-lieu sur un schisme, publié en novembre 2005, comme préalable informel à nos conversations, et ce livre a été lu et bien accueilli, non seulement dans sa partie juridique, mais théologique. Aucune rétractation ne nous a été demandée sur nos écrits. Ce qui montre que notre accord n’est pas d’abord un accord pratique, mais une entente sur le fond qui laisse une grande marge de discussion doctrinale.


N’êtes-vous pas liés au Motu proprio Ecclesia Dei ?
Il ne faut évidemment pas confondre la Commission pontificale Ecclesia Dei, cadre juridique de notre Institut, avec le Motu proprio du même nom qui fut un texte de condamnation et d’exclusion. Les choses ont évolué à Rome depuis ce document du 2 juillet 1988, qui offrait une concession à la messe traditionnelle, mais cette offre restant soumise à conditions : l’acceptation sans débat possible des formes postconciliaires du magistère, au nom de la tradition renommée « vivante ». Ces conditions restaient logiquement liées à la sentence d’excommunication et à l’accusation de schisme, dont le livre Non-lieu sur un schisme, présenté à Rome, démontre l’injustice et la fausseté. Ce n’est donc pas sur la base du Motu proprio que nous avons négocié, mais sur la base des principes (tels que défendus dans ce livre). Pour le Bon Pasteur, les conditions de 1988 ne s’appliquent plus : nous célébrons la messe traditionnelle de plein droit.


Qu’en est-il alors de votre engagement par rapport à Vatican II ?
Il est indéniable que Vatican II pose à l’Église les questions essentielles de la modernité : la conscience, la liberté religieuse, la vérité, la raison et la foi, l’unité naturelle ou surnaturelle du genre humain, la violence et le dialogue avec les cultures, etc. Mais le Concile date de 1965 et il n’est plus aujourd’hui un discours clôt. Nous le reconnaissons pour ce qu’il est : un concile œcuménique relevant du magistère authentique, mais non infaillible en tout point et, en raison même de ses nouveautés, en butte à certaines difficultés dans sa continuité avec l’Évangile et la Tradition. Face au faux « esprit du Concile » qu’il a nommément mis en question le 22 décembre 2005 devant la Curie comme une cause de « rupture » dans l’Église, Benoît XVI affirme qu’il entend soumettre Vatican II à une relecture pour en donner une interprétation authentique, encore à venir. Dans cette perspective, nous sommes invités à mener de façon constructive, à notre modeste niveau, un travail critique. Le débat fondamental qui est latent depuis quarante ans va pouvoir s’ouvrir au sein de l’Église, sans esprit de système, sur les points majeurs de discontinuité posés par le Concile et qui troublent la foi.


Le Bon Pasteur est une Société de vie apostolique de droit pontifical Quelle différence avec une prélature personnelle ou une administration apostolique ? De quel évêque dépendrez-vous ?
Le Bon pasteur est plus indépendant qu’une prélature personnelle, laquelle demanderait l’accord de l’évêque du lieu pour l’implantation de toutes ses maisons. Une société de vie apostolique – tout comme une administration apostolique – a besoin de l’accord de l’évêque et dépend de lui quant à la mission auprès des fidèles, dès qu’il s’agit de recevoir la charge d’une paroisse. En revanche, s’il s’agit d’ouvrir pour ses membres une école, un séminaire, un centre culturel ou une chapelle privée, le Bon Pasteur ne dépendra pas de la juridiction de l’évêque du lieu. Il ne dépend que du Saint Siège pour la juridiction sur ses membres et peut choisir l’évêque qu’il veut pour les ordinations. Les autres ministères possibles (aumônerie, service des malades, etc.) devront se faire dans une concertation harmonieuse avec les évêques et le clergé diocésain, à laquelle le Droit canon invite – et oblige – les uns et les autres.


Cette naissance du Bon pasteur augure-t-elle un changement dans le paysage catholique français ?
Il y a dans les faits, sinon dans les esprits, une amorce de changement considérable, tant il est vrai que le début est déjà la moitié de la chose. Les évêques se sont engagés à Lourdes en avril 2006, à accueillir les traditionalistes. La fondation du Bon Pasteur est un signe d’espoir qui modifie le sort difficile que leur réservait jusque là une partie des responsables français : aujourd’hui, la convention signée avec le cardinal Ricard, président des évêques de France, pour accueillir le siège du Bon Pasteur à Saint-Éloi en son diocèse de Bordeaux, même s’il rencontre ça et là l’incompréhension, marque un tournant au bénéfice de la réconciliation et de la concertation entre frères de l’Église catholique. La cohabitation à des étages différents, comme l’a exprimé le cardinal Ricard, demandera aux uns et aux autres souplesse, respect mutuel et charité ; « Il y a plusieurs demeures dans la maison du Père. »




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